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La culture des pommes rencontres des soucis en France

Une succession d'aléas climatiques, une explosion des coûts de production, une pression réglementaire et sociale accrue, une concurrence nationale et internationale de plus en plus forte : depuis une dizaine d'années, le secteur a dû faire face à un nombre croissant de défis. La campagne 2022 sera sous le signe de l'inflation, mais ce n'est pas le seul facteur qui pèse sur la filière aujourd'hui. Pouvoir produire des pommes et des poires cette année est un challenge, tant les conditions de production sont exceptionnelles. Alors que les producteurs ont connu début avril un gel historique en sachant quand cueillir les pommes pour un meilleur rendement, plutôt bien anticipé et maîtrisé, grâce notamment à des bougies, des ventilateurs ou des arrosages, sans oublier les orages de grêle de juin, avec quelques structures endommagées, c'est le cocktail chaud-sécheresse ce qui a représenté un nouveau coup dur pour la production. Le deuxième facteur est un marché de la pomme en croissance, avec une concurrence polonaise de plus en plus forte.

La consommation de pommes fraîches est en baisse, les dernières données montrent une baisse de 11 % de la consommation intérieure. A cela s'ajoute une concurrence polonaise qui prend de l'ampleur : aujourd'hui ce sont plus de 12 000 tonnes par an qui entrent, tant pour le marché du frais et pour l'industrie. Autre effet qui pèse sur le marché sont les plus petits calibres. Il y a plus de pommes à vendre mais moins de tonnes. L'explosion des coûts de production touche à la fois le verger et les centres de conditionnement : Si on considère les vergers, il faut compter le gazole agricole qui a doublé entre 2020 et 2022. Pour les engrais, entre 2020 et 2022 on est dans un ratio de x3. Autre facteur lié à l'inflation et affectant les effectifs, les six augmentations du salaire minimum croissance-SMIC depuis janvier 2020, dont trois cette année. Autre point important : la pression réglementaire et corporative. Exemple : l'arrêté api qui impose une contrainte technique importante et complique encore le travail des producteurs déjà soumis à l'arrêté vent, qui interdit tout traitement au-dessus de 3 degrés lorsque le vent souffle à plus de 19 km/h.